Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 08:29

 Quand l’impérialisme français fait des orphelins


Le deuxième film béninois en compétition du fespaco 2011 est intitulé « Indochine sur les traces d’une mère » du réalisateur Idriss Mora Kpaï. Il a été projeté dans la soirée de ce lundi 28 février 2011 au cinéma Neerwaya.

 

Les fameuses guerres françaises contre l’Indochine et le Vietnam des années 1946-1954, ont marqué jusqu’à ce jour des africains et asiatiques. Considéré comme la guerre de conquête de territoire, celle-ci a fait mourir des dizaines de milliers de soldats africains. Des rescapés, orphelins et  témoins sont les protagonistes de ce documentaire de 71 minutes. Après le grand succès du documentaire « Arlit, deuxième Paris » qui a fait le tour du monde avec une vingtaine de prix, entre autres,  Prix du meilleur Documentaire au 15e festival du cinéma d’Afrique, Asie et Amérique latine ; Balard d’or du meilleur Documentaire ; prix TV5 au 20e Festival International du Film de Namur ; Prix du Cinéma du Monde en Wesphalie-Rhénanie du Nord, Allemagne ; Prix du meilleur Documentaire  au Muestra de Cine Africano de Tarifa MCAT (Espagne), Idriss Mora Kpaï revient  avec « Indochine sur les traces d’une mère » pour faire vivre le monde de la guerre contre Viet Minh. Tristesse, révolte, aventure, prouesse et ruse sont entre autres les émotions et sentiments qui animent le cinéphile. La ruse occidentale en particulier celle française ne date pas d’aujourd’hui quand on voit le jeu de mots qui est fait pour exploiter les africains à l’époque où ils étaient pris en otage et n’ayant pas le choix entre l’appellation «Volontaire » et  « d’Appelé ». C’était bien pensé comme mesure de précaution, car s’il y a un pays à condamner  aujourd’hui pour guerre   et crime contre l’humanité, ce serait la France. A travers, « Indochine sur les traces d’une mère », le réalisateur dénonce, par  l’image, l’esclavage modernisé  des français dont les conséquences ont fait de  certains  êtres, « Des sans racine ». Dans une vision subtile et de reconnaissance  aux africains, soldats de presque toutes les guerres françaises, Idriss Mora-Kpaï,  a ressuscité ceux-là communément appelés « Anciens combattants ». Ils racontent chacun, dans les langues du Centre et Sud Bénin et en français, les conditions de ces guerres. Pour d’autres, ce n’est pas une simple guerre, mais un corps-à-corps où on se tirait dessus comme on le voit aujourd’hui dans les films d’action. D’autres, spécialisés dans la détection des mines étaient les éclaireurs et la vie de  toute la troupe reposait sur eux. Certains sont chargés de récupérer les armes quelques soient les conditions, car celles-ci sont plus importantes que la mort des soldats. C’est un film édifiant par le témoignage des personnes indiquées qui sont la mémoire vivante de cette guerre d’Indochine. 


A la recherche d’une partie de soi 

 

Descendants de Tirailleurs africains de la guerre d’Indochine, de nombreux métis ont été ramenés au Bénin, pays natal de leurs pères, le plus souvent sans leurs mères. Même après y avoir bâti leur vie, ces métis se sentent tiraillés entre deux cultures : celle de leurs pères qu’ils ont appris à accpeter et celle de leur mère dont ils ne gardent que de lointains souvenirs et qu’ils aimeraient connaître d’avantage. A travers des souvenirs aigres-doux et des images de la guerre, le réalisateur dépeint l’état de mélancolie dans lequel se retrouvent les métis. Il leur faut faire un retour aux sources pour exorciser les démons de la mélancolie. Le sentiment de soulagement, d’apaisement du fils Boko lorsqu’il repart au Viêt-Nam et la volonté de sa sœur de voir ses cendres répandues sur le fleuve Mekong, en Indochine, le prouvent bien. « Indochine, Sur les traces d’une mère » se veut aussi un prétexte pour parler de la ressemblance de vécu, pendant longtemps tue, entre deux peuples géographiquement opposés. Cette ressemblance appelle une certaine solidarité, un brassage duquel naissent des enfants de deux cultures. Idrissou MORA-KPAI permet, en somme, de constater que le besoin de connaître cette autre culture, qui est aussi la leur, est nécessaire au bon équilibre social mais surtout psychologique de ces métis, partant de toute personne née d’un brassage.  Le réalisateur est spécialisé dans documentaires de création, fictions, courts-métrages. Il est diplômé de l’Ecole du Cinéma et de Télévision de Babelsberg (Allemagne). Il a pour projet la  réalisation des films  « Atta, le grand maître » le long métrage de fiction et « Rebelle » long métrage de fiction.


 

 

Par dolce
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